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René MAGRITTE
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Belgique
1898 - 1967
Surréalisme 
MAGRITTE Rene
 

Né à Lessines le 21 novembre 1898. Décédé le 15 août 1967 à Schaerbeek.

Eléments biographiques :

Né d'un père tailleur et d'une mère modiste, il passe son enfance à Châtelet.
Son adolescence est marquée, en 1912, par le suicide de sa mère, qui s'est jetée dans la Sambre et a été retrouvée le corps pratiquement nu, une chemise relevée par dessus la tête. Cet événement apparaîtra à travers toute son oeuvre (la présence de l'eau, des visages voilés...) et là où certains voient de l'érotisme, les psychanalystes observent des représentations (in)conscientes de ce drame.
Magritte a comme formation académique la fréquentation de l'Académie de Bruxelles en 1916 et 1917. Il y fut l'élève de Combaz, de Van Damme-Sylva et de Constant Montald. Ses amitiés sont cependant plus déterminantes que les cours.
Ses premières expériences picturales le montrent tenté par le cubisme et le futurisme. Jusqu'en 1925, Magritte traverse une période de recherches. Il travaille comme graphiste aux usines de papiers peints Peeters-Lacroix, qu'il quitte pour vivre de travaux publicitaires. Durant toutes ces années, Magritte chercha sa voie artistique, avouant lui-même ses difficultés.

Vers 1922 (les avis divergent quelque peu sur la date exacte), il découvre l'art métaphysique de Giorgio de Chirico et cette révélation est décisive : Le chant d'amour lui montre "non pas une manière de peindre, mais ce qu'il faut peindre". En 1926, il peint Le jockey perdu, qu'il considérait lui-même comme le point de départ de son œuvre surréaliste -selon certains auteurs, ce serait plutôt La fenêtre. Dès lors, l'artiste n'aura de cesse que de démontrer que l'on n'entrevoit de la réalité, si l'on consent à sortir de notre habituelle et routinière logique, que le mystère de cette réalité ; cet art, sans nul doute, confine à la poésie. Il est significatif d'ailleurs que nombre de ses amis, dont Louis Scutenaire, étaient des poètes.
Attiré par le courant surréaliste, il met un terme à sa période "abstraite". Après une exposition à Bruxelles fort maltraitée par la critique, il s'installe près de Paris, travaille dans un groupe surréaliste autour d'André Breton. La conférence donnée par ce dernier à la Sorbonne, Qu'est-ce que le surréalisme?, est publiée avec, en couverture, un dessin de Magritte, Le Viol (1934). Figurant parmi les principaux représentants du surréalisme, il collabore à la Révolution surréaliste, à Documents 35, à Distance. Dans les années 30, Magritte a déjà trouvé et même mis au point son vocabulaire. A l'aide d'objets puisés dans la vie quotidienne, le peintre vise au dépaysement poétique en remettant en cause les lois apparentes de la nature et les conventions fixées par l'homme. Les titres des tableaux doivent servir, d'après lui, à nous surprendre et nous enchanter.

Il fréquente les cercles surréalistes parisiens de 1927 à 1930, sans recourir à l'automatisme que prônait Breton. La renommée vint, internationale. Mais Magritte a continué à vivre de manière très bourgeoise, malgré le confort que lui apportait la reconnaissance de son art.

Il convient de citer, dans toute sa période surréaliste, deux épisodes divergents : la période dite "Renoir", 1943-44, où la manière est dite impressionniste ou plein soleil ; et la période "vache" où Magritte se moque de son art et de l'Art en général, mais sans dissociation ni rupture avec une forme de surréalité, il affirme avec virulence une attitude antipicturale, il découvre et étudie de nouveaux thèmes : coexistence du jour et de la nuit, le règne de la pierre, la mise en cause de la pesanteur, notamment vers 1948, année de sa première exposition à Paris.
L'exposition au Museum of Modern Art de New York (1965) le consacre. La gloire qui l'introduit dans l'histoire mondiale de la peinture est celle d'un artiste Belge de dimension considérable.


Appréciation stylistique :

Oserions-nous écrire que Magritte fut un peintre moyen et un artiste de génie. Lui-même a admis que la peinture était un moyen, non une fin : "Un peintre ne peint pas pour mettre de la couleur sur une toile, comme un poète n'écrit pas pour mettre des mots sur une feuille". Le fil conducteur de Magritte est la transgression de la logique rationaliste parce qu'elle limite notre perception du réel : il y a, au moins pour le poète, une réalité au-delà de celle que nous sommes convenus de définir, une réalité connexe, une "sur-réalité" qui contrecarre nos références visuelles et intellectuelles. Cette orientation spéculative est plus philosophique que celle de Delvaux qui, lui, est fasciné par l'étrange et l'onirique dans une visée plus esthétisante.

On découvre une œuvre de Magritte et l'on est interloqué. Nous cherchons alors la solution dans le titre, et nous nous heurtons à une nouvelle confrontation entre ce que nous voyons et croyions avoir vu ; mais sans obtenir de solution rationnelle, si ce n'est la liberté d'interpréter à condition d'accepter d'évacuer nos rituels cartésiens. Magritte disait souvent : "Mon titre n'explique pas mon tableau, comme mon tableau n'explique pas mon titre". Ainsi, non content de bouleverser notre rapport traditionnel de l'image à la réalité, Magritte rompt le rapport entre le titre et l'œuvre. Toutes ces distorsions entre réalités créent un nouveau lien entre l'artiste et le spectateur, sans que l'on sache à quel niveau se situe ce lien -alors qu'il est plus perceptible chez un Dali. Il est certes difficile de circonscrire le point de rencontre entre les deux pensées (celle de l'artiste et celle du spectateur), et même de s'assurer qu'il existe. C'est sans doute un des grands mérites de Magritte : nous offrir le moyen de nous affranchir du carcan de toute pensée unique et réductrice.


Ecole :

Surréalisme dont il est un des grands prêtres. On ajoutera que par rapport à d'autres artistes de cette tendance, il garde un trait fait de réalisme : le surréalisme belge joue plus sur les notions de signifiant et signifié que sur l'irréalité de l'image elle-même. Il renonce à tout automatisme ; Breton parviendra tout de même, en 1941, à "récupérer" Magritte en ces termes : "la démarche non automatique mais au contraire pleinement délibérée de Magritte (…) étaye le Surréalisme" (A. Breton, Le Surréalisme et la peinture, cité par le Dictionnaire des peintres belges, Renaissance du Livre.


Œuvres :

Magritte a peint environ 1.300 toiles, ainsi que des gouaches, collages... C'est dire que le choix est vaste, même si une partie est en d'heureuses mains privées. En Belgique : Anvers, Bruges, Bruxelles, Gand, La Louvière, Liège. Les grands musées du monde possèdent une ou des œuvres de Magritte : Chicago, Dusseldorf, Hambourg, Jerusalem, Londres (Tate Gallery), New-York, Paris, Rotterdam,… Voyez nos liens, dont le dernier qui mentionne les œuvres visibles "on-line".


Expos :

Retrospectives
1998 au Musée d'Art Ancien à Bruxelles.

Danemark, Humlebaek :René Magritte, rétrospective, 11 99.

Galerie C. et I. Brachot, Bruxelles : Hommage à Magritte, photos, dessins, 03-05 98, pour ne citer que les plus récentes.

Egalement : Rétrospective René Magritte, Bruxelles/Paris, 1978-1979. Et Bruxelles, Beaux-Arts en 1982.

La première exposition personnelle eut lieu à la Galerie Le Centaure en 1927 ; elle fut mal accueillie par la critique.


Bibliographie:

1972 René Magritte, Manifestes et autres écrits, avertissement de Marcel Mariën, Les Lèvres Nues, Bruxelles, 192p.
1976 Quatre-Vingt-Deux Lettres de René Magritte à Mirabelle Dors et Maurice Rapin, avec des lettres de Noël Arnaud et Georgette Magritte, Paris.
1979 René Magritte, Écrits complets, édition établie et annotée par André Blavier, Flammarion, Paris, 766p.
1982 The graphic work of René Magritte » par G. E. Kaplan et T. Baum, II Editions, New York.
2000 René Magritte, Les Mots et les images, choix d’écrits, Labor, Bruxelles.

 



 
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